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"Propos recueillis par les anciens du village lors d'une interview durant l'année 2003"
Le repas:
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"Les
douze coup de midi s’achevèrent à peine de sonner au clocher de l’église que
les grelots d’une charrette se firent entendre devant la maison. Il fallait pas
traîner, les hommes arrivaient, tout devait être prêt pour le repas."
" On invitait le curé ou l’instituteur à souper, chacun prenait sa
place autour de la table en bois. Après l’habituel prière d’avant repas, le père
coupa de longues tranches de pain qu’il plaça au centre de la table, tandis que
la mère déposait sur un carré de bois une énorme soupière dont les effluves
embaumèrent toute la pièce. Le père commença alors le service en remplissant
les assiettes de chacun."
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La guerre :
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"Il
nous on ramassé nos prisonniers : On avait deux français chez nous, des
parisiens : le plus vieux de 40 ans "tait plus malin, on lui a prêté des
habits, puis il est parti comme ça en civil, il est arrivé chez lui sain et
sauf. Mon parisien, mon con, il a pas voulu se cacher les allemands l'on
chopé."
George, m'a dit qu'il avait des réfugiés caché dans la grange, les Allemands
sont passés, et disaient : Il y a des soldats cachés dans les
granges ? Le père tramu répond "ben ma fois non" les soldats
Francais sont sortis les mains en l'air. Le père tramu était fou, mes cons
qu'il leur a répondus vous seriez resté dans la grange !
Il y avait toute une compagnie de Français caché dans le bois, c'est Robert
Cornu qui les nourrissait, oeufs, saucisses, jambon, pain. |
La vie de paysans:
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Autrefois tous le monde était agriculteur sauf peut
être à l'exception d'un ou deux, qui tenait un commerce, mais à Malans la
plupart des habitants avaient une vache ou deux pour survivre. Le plus gros
paysans du village dans les années 30/40, possédaient 5 vaches, pas plus.
Selon les saisons, les travaux étaient différents,
par exemple pour la saison d'été, au moment des foins, le matin ils se levaient
à 3h, il fallait être à 4h dans le champ pour le lever du jour.
"Ils partaient avec les bœufs, arrivés sur place
ils fauchaient à la machine quand c'était plat, sinon les talus, ils falaient
les faire à la faux. Et comme à Malans, c'était pas souvent plat, les hommes en
bavaient".
Vers les huit heures ils prenaient le petit déjeuné,
puis ensuite pendant que les hommes continuaient à faucher, les femmes
mettaient en andins.
( photos: Cécile Gavignet et Jean Garnier à Luplin )
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Vers midi, ils faisaient une pause pour déjeuner, les
femmes avaient préparées le casse-croûte. Et ensuite l'après-midi, ils le
retournaient pour le faire sécher, "on tournait, tous à la main" et
on "ramassait au petit râteau".
Puis ensuite, il fallait charger, sur
"des voitures, à cercle ", et on revenait à Malans, toujours avec les
bœufs, "je me souviens dans les virages on versait facilement". En
arrivant c'était pas la même, il fallait décharger. C'était les hommes qui s'en
chargeaient, car les femmes devaient aller traire, oui parce que dans ce temps
là, les hommes ne trayaient pas, c'était uniquement les femmes, sauf peut être
chez quelques familles à Malans, pour des raisons bien particulières, les
hommes trayaient. Les hommes avaient assez à faire, avec leurs vignes qu'il
fallait piocher tous les jours, et le bois qui devenait une corvée
hebdomadaire, et bien sur allez faucher, un peu d’herbe matin et soir pour les
lapins.
C'était souvent les enfants quelques fois
les femmes, qui sur le coup des sept heures, allaient au chalet, avec une
petite charrette où étaient déposée un ou deux bidons. "Quand on y
emmenait des 6 ou 7 litres c'était déjà bien".
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La
période des fumures: c’est à dire que le paysan étalait du fumier animal sur
certaines de ses terres pour favoriser les récoltes.
« On mettait surtout sur les champs de blé et d’orges, pour être’sur de
bien récolter, les autres pouvait bien sans passer »
Avant l’apparition des tracteurs, les travaux étaient beaucoup plus longs, les
déplacements se faisaient en charrettes tirées par des bœufs ou par des
chevaux.
Pour les fumures, les hommes chargeaient les charrettes de fumier, et partaient
avec les femmes aux champs.
« Ça prenait du temps, On y allait à
pied, il fallait guider les bœufs, on trouvait le temps long…»
Arrivé sur place, les hommes se dépêchaient, de décharger la charrette du
fumier pour ne pas perdre de temps, et ils rentraient à la ferme pour en
recharger une. Pendant ce temps les femmes étendaient le fumier sur les
champs avec des crochets à trois dents.
Cette opération était réalisée six, sept fois par jours.
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Le pain:
Elles
faisaient une tournée de pain une fois par semaine, elles cuisaient une
douzaine de miches, et on le gardait 10 jours. "Bien sur au bout de 10
jours, il fallait pas être difficile, le pain était un peu sec.
Les lessives:
Autrefois,
j'entends par-là, au début du siècle les femmes lavaient le linge "au
cuveau" elles coulaient la lessive, cuisaient de la cendre avec de l'eau,
et récupérait le jus, et faisaient cuir le linge et le rinçait après, cette
lessive se faisait une fois par an, on lavait donc le linge tous les ans. Puis
les lessiveuses ont été créé, ainsi que les planches à laver et elles rinçaient
le linge à la fontaine, (cassait glace en hiver) les essorait et les faisait
sécher.
Tellement
que la vie était chère, les femmes faisaient des tabliers dans des"
pantets" de chemises, et des couches dans des draps déchirés.
Les cabanes:
Dès
le premier juillet nous étions en vacances, le rêve…Les vacances étaient
synonyme de chaleur, baignade, amusement, travail, et surtout ce qui était le
plus important, on n’avait pas école donc pas de devoir… si ce n’est un petit
cahier de vacances et encore… Levés de très bonne heure, généralement
nous déjeunions devant la télévision, puis ensuite nous sortions. Nous jouions
la plupart du temps dehors, et les activités de manquaient pas. Faire des
cabanes était un des jeux les plus appréciés par tous les enfants du village.
Tous les enfants du même âge se rejoignaient et faisaient une grande «
cabane commune ». De nos souvenirs puisque l’on se les remémore de
temps en temps, nous nous souvenons avoir construit une cabane anciennement
chez l’Alvine membre, (aujourd’hui à coté de l’entreprise Languille). Ce devait
être d’ailleurs son ancien poulailler, enfin peu importe c’était une petite
maison qui risquait de s’écrouler du jour au lendemain , c’était interdit d’y
aller, mais nous avions tous effectué un grand ménage, et apporté quelques
vieux objets pour décorer notre maison. Et là, place à l’imagination,
chacun rêvait d’habiter cette humble demeure qui pour nous frisait la
perfection.
Nous sommes allés à un autre endroit, qui je pense restera
un très bon souvenir pour tous ceux qui y sont allés : Le bachu de chez
Aimée Nicolet. Il fallait escalader par la vielle faucheuse rouge qui était
resté sous ce hangar, puis ensuite par une petite trappe nous accédions à c’te
petite pièce. Nous avions installé un vieux canapé qui n’était autre qu’un
vieux siège de voiture. Nous avions un vieux ballet pour nettoyer, de vieux
rideaux décoraient la fenêtre, une table, une vielle chaise récupérer sans
doute à la poubelle (qui se trouvait à cette époque dans le virage de marbeux),
des verres, des couverts, de la soupe confectionnée avec quelques herbes, des
pissenlits, des orties, et un peu d’eau pluie. Cette cabane était devenue notre
plus grand intérêt.
C’était une petite cabane, placé sous un toit, il y avait
donc peu de place. Nous pouvions apercevoir entre les planches, les personnes
qui passaient sur la route. Le grand silence était respecté pendant ces
passages pour éviter de nous faire « repérer ». Bien sûr aller au bachu
était strictement interdit.
Il y a eu également les cabanes dans les bois Au Oies, à Ruet,
("Riet"). Il fallait des planches, de la ficelle, des clous, des marteaux, des
cordes. La plupart du temps les enfants les prenaient discrètement dans les
ateliers des parents, et tachaient bien sûr de les remettre. Il fallait
les transporter. Combien de fois la charrette à lait était attachée au
vélo, pour faciliter les transports. ..
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